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Business Plan Restaurant : le Guide Complet (+ Outil Gratuit)

Le business plan d'un restaurant, ce n'est pas un dossier qu'on rédige pour faire plaisir au banquier. C'est l'exercice qui vous force à répondre à la seule question qui compte avant d'ouvrir : est-ce que ce projet tient debout, chiffres à l'appui ?

Porteur de projet construisant le business plan de son restaurant

Après dix ans passés à piloter la gestion de restaurants, je peux vous le dire sans détour : la plupart des projets qui échouent avaient un business plan trop optimiste ou incomplet. Pas un mauvais concept. Un mauvais prévisionnel.

Dans ce guide, je vous explique ce que doit contenir un business plan restaurant solide, les chiffres qui font capoter les projets et l'outil gratuit que je recommande aux porteurs pour tout construire sans être comptable.

À quoi sert vraiment un business plan de restaurant

On présente souvent le business plan comme une formalité pour décrocher un prêt. C'est réducteur. Son premier destinataire, c'est vous. Il sert à trois choses concrètes.

  • Vérifier que le projet est viable avant d'engager vos économies. Un prévisionnel honnête vous dit si le restaurant peut se payer, vous payer et rembourser ses emprunts.
  • Convaincre la banque et les partenaires. Un dossier chiffré, cohérent et prudent inspire confiance. Un dossier flou fait fuir.
  • Servir de feuille de route la première année. Une fois ouvert, vous comparez le réel au prévu et vous corrigez.
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Les parties d'un business plan qui tient la route

Un business plan de restaurant se compose de deux blocs : une partie rédigée (le projet, l'équipe, le marché) et une partie chiffrée (le prévisionnel financier). C'est cette seconde partie qui fait la différence et c'est aussi celle qui bloque le plus de porteurs.

Par où commencer

Ne partez jamais de vos charges. Partez d'un chiffre d'affaires prudent, calculé ainsi : nombre de couverts réaliste × ticket moyen × jours d'ouverture. Puis déroulez le reste. C'est l'ordre inverse qui fait les prévisionnels trop optimistes.

01 L'étude de marché et le positionnement

Avant les chiffres, la réalité du terrain. Qui sont vos clients, combien sont-ils à passer devant, que proposent les restaurants voisins, à quel prix ? Un ticket moyen et un nombre de couverts sortis de nulle part, c'est le premier signal d'alarme pour un banquier.

02 Le plan d'investissement

La liste de tout ce que vous devez financer pour ouvrir : droit au bail, travaux, cuisine et matériel, mobilier, licence, dépôt de garantie, honoraires. Chiffrez large et prévoyez une marge de sécurité : les travaux qui dérapent sont un classique de l'ouverture.

03 Le plan de financement

En face des investissements, les ressources : votre apport personnel, le prêt bancaire, les éventuelles aides. La règle que les banques regardent en premier : un apport d'environ 20 à 30 % du besoin total. En dessous, le dossier passe difficilement, sauf renfort d'un prêt d'honneur qui joue le rôle de quasi-apport.

04 Le compte de résultat prévisionnel

C'est le cœur du business plan. Vous partez du chiffre d'affaires, vous retirez le coût matière (food cost), la masse salariale et le loyer et vous obtenez votre résultat. Coût matière et masse salariale forment le prime cost, qui ne devrait pas dépasser 60 à 65 % du chiffre d'affaires. Au-delà, aucune économie ailleurs ne sauvera le résultat.

Coût matière
28 %
Masse salariale
34 %
Loyer + fixes
24 %
Résultat (EBE)
14 %
CA prévisionnel annuel (Julien, restaurant traditionnel)420 000 €
Coût matière (28 %)117 600 €
Masse salariale (34 %)142 800 €
Loyer + charges fixes (24 %)100 800 €
Résultat (EBE) = 420 000 − 117 600 − 142 800 − 100 800 = 58 800 €

Sur ce prévisionnel, Julien dégage un EBE de 58 800 €, soit 14 % du CA, de quoi rembourser ses emprunts et se verser un salaire correct. C'est ce calcul, ligne par ligne, qu'un banquier veut voir avant de signer.

05 Le plan de trésorerie et le BFR

Un restaurant peut être rentable sur le papier et couler faute de trésorerie. À cela s'ajoute le besoin en fonds de roulement, souvent sous-estimé. Prévoyez un matelas de départ, ce n'est pas un luxe.

06 Le seuil de rentabilité

Combien de couverts par jour, à quel ticket moyen, pour couvrir toutes vos charges ? C'est le chiffre qui rend le projet tangible. S'il faut remplir la salle deux services par jour sept jours sur sept pour l'atteindre, le modèle est fragile.

« Un business plan se juge à sa prudence, pas à son optimisme. »

Les erreurs de chiffrage qui font capoter un business plan

Ce ne sont presque jamais les mêmes concepts qui échouent, mais toujours les mêmes erreurs de prévisionnel.

  • Un chiffre d'affaires calculé à pleine capacité dès le premier mois : la montée en puissance prend des mois.
  • Un coût matière optimiste : comptez sur les vrais ratios de votre segment, pas sur un chiffre rond flatteur.
  • Une masse salariale sous-évaluée : le coût d'un salarié, ce n'est pas le salaire net.
  • Un BFR oublié et une trésorerie de départ trop juste : première cause de dépôt de bilan la première année.
À retenir

Le point commun de ces erreurs : elles viennent d'hypothèses posées au doigt mouillé. La solution n'est pas de deviner mieux, mais de partir de ratios sectoriels fiables.

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L'outil gratuit que je recommande

Construire tout ça dans un tableur, quand on n'est pas comptable, c'est décourageant. C'est pour ça que je recommande Mon Premier Restaurant, un outil pensé pour les porteurs qui ouvrent leur premier restaurant : hypothèses sectorielles pré-remplies, projections automatiques jusqu'à 5 ans, calcul du seuil de rentabilité et du BFR sans une seule formule à écrire. La construction du business plan est gratuite, sans carte bancaire.

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Questions fréquentes

Quel apport faut-il pour ouvrir un restaurant ?

Les banques attendent en général un apport de 20 à 30 % du besoin de financement total. Un prêt d'honneur, sans garantie ni intérêt, peut renforcer cet apport et faire levier sur le prêt bancaire.

Peut-on faire un business plan sans expert-comptable ?

Oui, surtout pour la première version qui vous sert à valider le projet. Faire relire le dossier final par un expert-comptable reste un bon réflexe avant de le présenter à la banque.

Quels sont les chiffres clés d'un business plan restaurant ?

Le coût matière (28 à 32 % du CA selon le segment), la masse salariale (30 à 35 %), le loyer (idéalement sous 10 %), le seuil de rentabilité et le besoin en fonds de roulement.

Combien de temps pour rédiger un business plan ?

Comptez plusieurs jours pour l'étude de marché et la rédaction. La partie chiffrée, avec un outil qui pré-remplit les hypothèses, se monte en quelques heures.

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L'auteur

Florian Astier

Contrôleur de gestion en restauration depuis plus de 10 ans, auteur de « La Gestion en Restauration ». J'aide les restaurateurs à piloter leurs chiffres avec méthode, sans jargon.

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