AccueilBlog › Valoriser l'inventaire d'un restaurant

Valoriser l'inventaire d'un restaurant : CUMP, FIFO ou dernier prix d'achat

Compter son stock, c'est une chose. Lui donner une valeur en euros, c'en est une autre. Or c'est cette valeur et elle seule qui permet ensuite de calculer un coût matière réel fiable et de savoir ce qu'un plat vous coûte vraiment.

Restaurateur valorisant son inventaire de stock en cuisine

Vous avez compté votre stock, ligne par ligne. Vous avez maintenant une liste de quantités : 16 kg de bavette, 40 bouteilles de vin, 12 kg de farine. Cette liste ne vaut rien tant qu'elle n'est pas chiffrée en euros. C'est là qu'intervient la valorisation, l'étape qui transforme un comptage physique en une donnée comptable exploitable.

Dans ce guide, on part du principe que l'inventaire est déjà fait et compté. On se concentre uniquement sur la question qui suit : comment donner un prix à chaque ligne et à quoi cette valeur sert-elle une fois calculée.

À quoi sert la valorisation d'un inventaire

Valoriser un stock n'est pas qu'une formalité comptable de fin d'année. C'est une obligation, chaque restaurant doit évaluer ses stocks au moins une fois par an pour les besoins du bilan, mais c'est surtout un outil de pilotage si vous le faites plus régulièrement.

  • Calculer un coût matière réel exact. Sans valeur de stock final, impossible de savoir précisément ce que vous avez réellement consommé sur la période.
  • Faire apparaître le stock à l'actif du bilan. C'est une exigence comptable, la valeur des marchandises en réserve doit figurer dans les comptes de l'entreprise.
  • Détecter une valorisation qui dérive. Un stock qui gonfle en valeur d'un mois sur l'autre sans raison est un signal à regarder de près, avant que ça ne pèse sur la trésorerie.

Une valorisation approximative fausse tout ce qui en découle : vos fiches techniques, votre marge par plat et vos décisions d'achat. Ce n'est pas un détail administratif, c'est la base du calcul.

La Gestion en Restauration, Florian Astier (GERESO)
Livre

La Gestion en Restauration

Marges, coûts, trésorerie : la méthode complète pour piloter votre restaurant.

Découvrir sur Amazon →

Les trois méthodes pour donner un prix à votre stock

Une même bouteille de vin ou un même sac de farine peut avoir été acheté à des prix différents selon la commande. La question que pose la valorisation est simple : quel prix retenir pour la quantité restante en stock ? Il existe trois réponses, toutes admises, à condition de garder la même d'un inventaire à l'autre.

01 Le dernier prix d'achat

La méthode la plus rapide : on applique à toute la quantité en stock le prix de la dernière facture reçue, quel que soit le prix payé sur les commandes précédentes. Simple à mettre en œuvre, mais elle déforme la réalité dès que les prix bougent d'une commande à l'autre, une hausse fournisseur ponctuelle ou une promotion peuvent gonfler ou minorer artificiellement toute la valeur du stock.

02 Le coût unitaire moyen pondéré (CUMP)

On calcule une moyenne des prix d'achat, pondérée par les quantités reçues à chaque prix. Formule : (valeur du stock existant + valeur des entrées) ÷ (quantité en stock + quantité entrée). C'est la méthode la plus utilisée en restauration parce qu'elle lisse les variations de prix et reste simple à tenir au fil des commandes.

03 Le FIFO (premier entré, premier sorti)

On considère que les lots les plus anciens sortent en premier du stock, ce qui colle à la réalité physique d'une cuisine où l'on fait tourner ses denrées. La quantité restante en stock est donc valorisée au prix des achats les plus récents. Elle est particulièrement adaptée aux produits périssables, à condition de suivre les dates d'entrée de chaque lot.

« La méthode compte moins que la constance. Changer de méthode d'un inventaire à l'autre casse toute comparaison. »

Exemple chiffré : le stock de bavette de Luigi

Luigi tient une trattoria italienne et fait tourner sa carte autour de viandes grillées. À la clôture de son inventaire mensuel, il a compté 16 kg de bavette en réserve, issus de deux commandes passées à des prix différents.

Stock existant avant la dernière commande : 6 kg à 10 €/kg60 €
Dernière commande reçue : 10 kg à 12 €/kg120 €
Valeur totale du stock = 60 + 120 = 180 €
CUMP = 180 ÷ 16 kg = 11,25 €/kg

Luigi retient donc une valeur de 180 € pour sa ligne bavette dans son inventaire final, à un coût unitaire moyen de 11,25 €/kg. S'il avait utilisé le dernier prix d'achat, il aurait valorisé les 16 kg à 12 €/kg, soit 192 €, un écart de 12 € sur cette seule ligne. Multiplié sur l'ensemble d'un inventaire, ce type d'écart peut fausser sensiblement le coût matière calculé ensuite.

Métiers de bouche — Gestion des stocks de A à Z, Florian Astier
Livre

Gestion des stocks de A à Z

Inventaires, achats, niveaux de stock : la méthode pour arrêter de jeter votre marge à la poubelle.

Découvrir sur Amazon →

Ce que cette valeur permet de calculer ensuite

Une fois chaque ligne de l'inventaire valorisée, additionnez-les pour obtenir la valeur totale de votre stock final. Cette valeur ne reste pas isolée, elle entre directement dans le calcul de votre consommation réelle de matières sur la période : stock initial + achats − stock final = consommation. C'est cette consommation, rapportée au chiffre d'affaires, qui donne votre coût matière réel, le chiffre qui vous dit si votre carte est rentable ou non.

Une valorisation trop haute du stock final gonfle artificiellement votre marge affichée, une valorisation trop basse la sous-estime. Dans les deux cas, vous pilotez sur une donnée faussée. C'est pour ça que la méthode de valorisation choisie mérite d'être posée une fois pour toutes et appliquée systématiquement, inventaire après inventaire.

Point de vigilance

Valorisez toujours hors taxes, sur le prix d'achat HT. Mélanger des lignes en TTC et d'autres en HT dans un même inventaire est une erreur fréquente sur les tableurs tenus à la main et elle fausse tout le calcul en aval.

Couverture du dossier de gestion sur le besoin en fonds de roulement
Dossier de gestion offert

Combien de trésorerie faut-il pour faire tourner votre restaurant ?

Votre stock immobilise de la trésorerie en permanence. Le dossier chiffre ce montant et montre comment le réduire sans tomber en rupture.

31 pages en PDF Gratuit Envoyé par email
Recevoir le dossier

Questions fréquentes

Faut-il valoriser son inventaire même en petite structure ?

Oui. Même un stock modeste doit être valorisé pour calculer un coût matière réel fiable. Ce n'est pas la taille du restaurant qui justifie l'exercice, c'est le fait d'avoir un stock à un instant T.

CUMP ou FIFO, laquelle choisir ?

Les deux sont admises. Le CUMP est plus simple à tenir au quotidien car il suffit de recalculer une moyenne à chaque entrée. Le FIFO colle mieux à la réalité physique des denrées périssables, où les lots anciens sortent en premier. L'essentiel est de garder la même méthode d'un inventaire à l'autre.

Peut-on valoriser au dernier prix d'achat par simplicité ?

C'est la méthode la plus rapide, mais aussi la moins précise en cas de variation de prix marquée entre deux commandes. Elle convient pour un suivi mensuel rapide, moins pour une valorisation qui doit remonter au bilan.

La valorisation inclut-elle la TVA ?

Non, la valorisation se fait toujours hors taxes, sur le prix d'achat HT. Mélanger TTC et HT sur certaines lignes est une source classique d'erreur dans les inventaires tenus à la main.

Pour aller plus loin

← Tous les guides
FA
L'auteur

Florian Astier

Contrôleur de gestion en restauration depuis plus de 10 ans, auteur de « La Gestion en Restauration ». J'aide les restaurateurs à piloter leurs chiffres avec méthode, sans jargon.

Votre coût matière est-il calculé sur un stock bien valorisé ?

On reprend ensemble votre méthode de valorisation et votre coût matière réel, ligne par ligne. Premier échange offert, sans engagement.

Prendre rendez-vous
Les guides de référence

Les derniers articles

Des guides concrets, chiffrés et sans jargon pour piloter votre restaurant.